Comment conserver longtemps son levain?

Un petit billet rapide mais assez important! Quand il s’agit de conserver son levain assez longtemps et dans des conditions permettant de l’emporter partout ou de le partager avec ses proches, il est indispensable de connaitre quelques astuces qui vont vous permettre de ne pas perdre votre levain chef tout en conservant toutes ses propriétés.

Le mois dernier j’ai profité d’un séjour chez mes parents pour tester la déshydratation du levain et voir comment il réagirait et surtout s’il retrouverait toute sa vitalité une fois reconstitué, je peux vous dire que le résultat a été plus que positif et probant puisque j’ai pu voyager par avion avec mon petit compagnon déshydraté dans me bagages sans risque « d’accident » sur les vêtements notamment et il a repris vie sans aucun souci une fois arrivé à destination, il faut néanmoins compter quelques jours pour qu’il soit suffisamment fort et efficace, cela dépendra d’ailleurs de la température des lieux, pour ma part, à Alger, il faisait chaud et le levain a du se sentir vachement bien ^^

Il est important de déshydrater son levain au maximum de son activité, pour cela, il suffit de le nourrir quelques heures avant, surveiller sa croissance et une fois le pic atteint, on peut procéder à la première étape de ce processus qui est à la fois facile et peu contraignant…

A noter qu’il existe plusieurs façon de conserver son levain et de le déshydrater, je connais personnellement deux façons de faire:

1/ Former des boulettes de levain:

Ajouter au levain actif, exclusivement de la farine petit à petit jusqu’à former une pâte molle mais suffisamment ferme pour être rouler en boulettes, un peu comme de la pâte à modeler.

Une fois les billes confectionnées, les déposer sur une plaque recouverte d’un torchon enfariné sans les coller les unes aux autres, les laisser sécher à température ambiante, elles vont augmenter de volume sous l’effet du levain puis éclater et sécher. Une fois dures, elles sont déshydratées et prêtes à être conservées. Les conserver dans une boite hermétique dans un endroit sec.

Au moment de les utiliser, il suffira de les broyer au rouleau et les nourrir avec un poids égal d’eau et de farine pour relancer le levain au bout de deux jours…

Personnellement je ne suis pas fan de cette technique, non seulement parce que je n’aime pas l’idée d’ajouter une quantité inconnue de farine et parce que je trouve que c’est moins pratique à conserver sous forme de boulettes que sous formes de paillettes comme je l’explique dans la technique qui suit…

2/ Paillettes de levain:

Etaler le levain actif à la spatule en couche fine sur du papier sulfurisé préalablement posée sur une plaque. Déposer la plaque dans un endroit au sec et laisser sécher à température ambiante. Cela prend plusieurs heures voir un jour ou deux selon les conditions ambiantes et l’épaisseur étalée.
En séchant, la feuille va se gondoler et se froisser, il suffira par la suite de détacher le levain pour qu’il se casse en petites paillettes. Personnellement je préfère le conserver sous vide, c’est tellement pratique!

Vous devinerez que c’est bien cette méthode que je préfère.

Au moment de lui redonner vie, je pèse la quantité de levain en paillettes, par exemple 20gr, j’ajoute 20gr d’eau et ajoute un tant pour tant de farine et d’eau, c’est du moins ce que je fais, je sais que certains ajoutent directement le tant pour tant au levain déshydraté mais je préfère ajouter un peu d’eau correspondant au poids des paillettes pour conserver une hydratation proche de 100%

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Quels ustensiles j’utilise (surtout pour faire du pain au levain)

Quand on se lance dans la réalisation de pains maison et encore plus quand on parle de pains au levain, on se demande si on a bien tout ce qu’il faut et surtout parfois on se complique la vie et on se dit que si les autres ont de super résultats c’est certainement parce qu’ils ont du matos de rêve! Eh ben parfois c’est vrai mais souvent ça ne l’est pas!

Voici donc un récapitulatif de mes ustensiles et de ce que j’ai pu testé, c’est un résumé mais je prendrai le temps de le compléter au fur et à mesure…

Reprenons les étapes de réalisation d’un pain levain, comme le Country Loaf de Chad Robertson par exemple, grosso modo on a eu besoin de préparer un levain et de le raffraichir, on l’a ensuite utilisé pour préparer notre pâte à pain, qui a subit une première phase de repos « l’autolyse » ensuite après ajout du sel, elle a reposé encoredurant la fermentation en vrac, elle a ensuite été divisée puis façonnée, mise en pousse plusieurs heures, scarifié et cuite, tranchée et dégustée! Si on reprend chacune de ces étapes, on peut résumer assez facilement le matériel nécéssaire et/ou recommandé….aller go!

==> Préparer un levain et le raffraichir :                  

Comme je le disais dans l’article consacré à la réalisation du levain, j’aime réaliser le mien et le conserver dans un bol transparent, que celui ci soit en plastique ou en verre, j’ai néanmoins un petit faible pour les pots en verre à couvercle type le Parfait, j’en avais acheté un lot de plusieurs qui ne m’ont pas couté super cher et qui servent en plus à conserver pas mal d’autres choses, l’avantage c’est que je les stérilise facilement et ils passent sans souci au lave-vaisselle!

J’utilise également une maryse pour racler les bords du bol, je commence presque toujours par mélanger mon levain à la cuillère en bois, ensuite j’aère le tout à la maryse et je racle les parois du bol pour  qu’ils soient relativement propres, ça me permet de bien visionner l’évolution de mon levain au fil des heures…

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==> Préparer la pâte à pain / Autolyse / Fermentation en vrac :

Pour mélanger ma pâte à pain, je le fais le plus souvent soit dans mon bol Pyrex  ou Luminarc  à couvercle soit dans le bol  en verre du Kitchenaid qui possède également un couvercle, le différence se joue sur le prix, les deux premiers sont moins chers mais l’avantage du bol kitchenaid est qu’on peut pétrir directement dedans avec le pétrin, je les adore tous les deux et les utilise à tour de role ou en même temps quand je lance plusieurs pates à pain.

J’apprécie ce type de bol car ça évite de couvrir systématiquement le saladier/bol de film alimentaire, le  retirer pour faire les rabats, le remettre…etc, je trouve que c’est très pratique d’utilise un couvercle qui s’adapte parfaitement au bol.

Après ajout du sel, selon les recettes et selon mes envies, je pétris parfois la pâte au pétrin et dans ce cas, effectivement le bol du Kitchenaid est parfait!

Pour la fermentation en vrac, je laisse donc ma pâte reposer dans ce type de saladier, les parois en verre permettent de surveiller la pâte et d’apprécier sa levée!

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A défaut de ce type de couvercle, j’utilisais également des charlottes de bain lol, oui c’est super pratique, vous moquez pas!

==> Diviser et façonner la pâte:

Après fermentation, THE ustensile indispensable à mon sens pour manipuler la pâte et notamment une pâte assez hydratée, est le coupe-pate! A utiliser autant pour pré-façonner la pâte mais également pour diviser en plusieurs portions!

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 ==> Mise en pousse avant cuisson:

Après façonnage et selon la forme recherchée, je mets en pousse mes pâtons dans des bannetons , il en existe plusieurs modèles, ils ne sont pas indispensables mais facilitent la vie, on peut bien évidemment mettre son paton à lever dans un bol couvert d’un torchon préalablement fariné mais j’aime bien l’effet que donne le banneton surtout avec ces petites stries ! Il suffira de saupoudrer l’intérieur d’un mélange farine de blé-farine de riz avant d’y mettre la pâte !

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==> Scarifier le pâton:

Pour réaliser de jolies entailles, il est nécéssaire de scarifier son pâton avant cuisson à l’aide d’une lame bien aiguisée, longtemps j’ai utilisé un couteau puis j’ai voulu investir dans une incisette à pain, j’en avais d’ailleurs deux modèles (voir photos) mais depuis un petit moment, je n’utilise plus que des lames (type lame de rasoir) car je trouve cela plus efficace et plus économique, certes c’est un peu dangereux et faut faire attention à pas se couper mais certains tiennent la lame à l’aide d’un petit bâtonnet à café…

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==> Cuisson du pain:

Il existe plusieurs options pour cuire son pain,  j’en ai essayé pas mal, parmi celles testées,voici les trois principales: la cloche à pain, la cocotte en fonte, la pierre à pizza

La cloche à pain Emile Henry est en céramique réfractaire et coute dans les 120euros. Ce fut parmi les premières options testées, c’est un certain investissement, permet d’obtenir une jolie croute dorée mais la vendeuse m’a conseillé de faire très attention car à la moindre chute, le céramique ne pardonnait pas ! Contrairement aux conseils de la notice, je ne fais pas lever mon pain dedans mais dans un banneton et je préchauffe la cloche (couvercle compris) en même temps que mon four…

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La cocotte en fonte est l’option de choix surtout quand on débute, c’est économique puisqu’on trouve de super cocottes en fonte en occasion également si on n’en a pas déjà une dans nos placards! J’ai pu me procurer personnellement une cocotte combo de la marque Lodge des US, elle a l’avantage de permettre une cuisson sur les deux fonds du coup on met le pain sur la poêle et on recouvre de la cocotte, c’est super pratique!

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Quant à la pierre à pizza, c’est l’option idéale je trouve quand on cuit des pains assez gros, qu’on aurait du mal à cuire dans une cocotte petite/moyenne.

==> Actuellement j’alterne selon la taille du pâton entre la cuisson en cocotte et celle sur pierre.

 

 

Recette de la Ciabatta maison

Comme son slogan l’indique, vous trouverez rarement des recettes express sur le blog car ICI on prend son temps! C’est encore plus vrai quand on veut préparer une excellente Ciabatta dans les règles de l’art!

Une bonne Ciabatta c’est quoi pour vous? Pour moi en tout cas c’est une mie moelleuse et alvéolée, une croute ultra croustillante, un doux parfum d’huile d’olive…encore tiède c’est un plaisir unique, un plaisir simple sans rien de superficiel…tout est dans sa légèreté !

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 You don’t have to cook fancy or complicated masterpieces – just good food from fresh ingredients. Julia Child

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Cette recette est inspirée de celle de Carol Champ du livre « The Italian Baker », recette qui est une vraie merveille, je pense sincèrement que j’aurai pu en faire une plus jolie et plus alvéolée mais pour un premier essai, nous nous sommes régalés pendant plusieurs jours puisque conservée dans une boite hermétique/sachets de congélation, il nous a suffit de la réchauffer à chaque fois, un filet d’huile d’olive et c’est bon! Un régal!

La recette se fait en deux phases, une première commence par la réalisation d’une « Biga » qui est tout simplement une pate fermentée et qui permet d’apporter non seulement de la force à la pâte mais également beaucoup d’arômes. En Italie, les boulangers utilisent la pâte de la fournée de la veille pour commencer une nouvelle pâte mais ici, on reprend à zéro en réalisant une spécialement pour cette recette. La seconde phase consiste en la préparation de la pâte à ciabatta en incorporant la biga précédemment fermentée.

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Ingrédients de la « Biga »

La veille au soir, réaliser une « Biga » qui reposera 12h avant la réalisation de la pâte à ciabatta

  • 0,75 gr de levure sèche de boulanger ce qui équivaut à environs 1/4 de cuillère à café
  • 60 gr d’eau tiède
  • 200 gr d’eau à température ambiante
  • 330 gr de farine tout usage
  • Huile pour le bol

Commencer par mélanger la levure et l’eau tiède et laisser reposer environ 10min. 

Incorporer l’eau restante dans le mélange de levure puis la farine à l’aide une cuillère en bois en mélangeant bien pendant 2-3 min. Vous pouvez le faire aussi au pétrin.

Transférer la pâte dans un bol légèrement huilé, couvrir de film alimentaire et laisser lever à température ambiante pendant 6 à 24 heures, la masse doit tripler son volume initial. Personnellement je me suis contentée de 12h. Réalisée la veille au soir c’était parfait pour lancer la suite le lendemain.

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Vous pouvez également réfrigérer  plusieurs jours ou congeler cette pâte jusqu’à utilisation.

Ingrédients pour la pâte à Ciabatta

  • 1cc ou 3 gr de levure boulangère sèche 
  • 500gr de farine
  • 80gr de lait chaud
  • 290 gr d’ eau à température ambiante
  • 15 gr d’ huile d’olive et un peu plus pour le bol
  • 500 grammes de « Biga » précédemment réalisée et reposer 12hrs
  • 15 gr de sel

Je vous conseille vivement de réaliser cette pâte au pétrin car elle est très collante.

Commencer par incorporer la levure au lait directement  dans le bol du pétrin; laisser reposer une dizaines de minutes.

Ajouter l’eau, l’huile et la « biga » et mélanger jusqu’à consistance homogène. Mélanger la farine et le sel et les ajouter dans le bol et pétrir pendant quelques minutes. D’abord à vitesse lente puis 2min à vitesse moyenne. Il est tout à fait normal que la pâte soit particulièrement collante.

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Transférer la pâte dans un bol huilé, couvrir d’un film alimentaire (j’utilise ici mon bol en verre qui possède son couvercle ce qui est bien pratique) et laisser lever à température ambiante environs 1h-1h30. La pâte doit être pleine de bulles d’air, souple, élastique et collante. Pour me faciliter la manipulation de cette pâte j’ai personnellement préféré retarder la fermentation encore une nuit au frais afin que la pâte soit froide  et moins collante afin d’ajouter le moins de farine possible au façonnage. 

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Sur une surface généreusement farinée, renverser la pâte et couper en 4 portions plus ou moins égales à l’aide de votre coupe-pâte. Rouler chaque portion en cylindre, puis aplatir chaque cylindre en rectangle , chaque portion doit être assez large.

Déposer les futures ciabatta sur du papier sulfurisé et les couvrir avec des serviettes humides et laisser lever environs 1h30  à 2h.

Préchauffer le four 220-230°c une petite demi-heure avant le début des cuissons, si vous utilisez des pierres à pizza, faites les préchauffer un peu plus longtemps, pour ma part je préchauffe mon four 1h en moyenne avant d’enfourner.  

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Enfourner pour une durée d’environs 25 minutes sans oublier de vaporiser de l’eau dans le four surtout en début de cuisson pour apporter de la vapeur. Une fois qu’elles sont bien dorées, les sortir et les laisser refroidir sur une grille avant de…se régaler!

 

 

Pain au levain aux olives, citron et noix / Tartine Olive Sourdough Bread

Vous avez déjà tenté la superbe recette du pain Country au levain et souhaitez lui apporter un peu d’originalité? Testez alors cette version aux olives, zestes de citron et noix, un délice!

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Ce délicieux pain généreusement garni est réalisé sur une base de pain country dont je vous ai parlé dans un précédent article, grosso modo rien ne change, on suit les étapes mais on ajoute à un moment donné les olives, les zestes et les noix concassées.

Admirez cette mie alvéolée…

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J’ai testé à cette occasion, deux temps de fermentations pour voir si  ça jouait vraiment, en réalisant la pâte à pain j’ai divisé la quantité en deux, une moitié a été  façonnée directement après la période de fermentation en vrac et mis en pousse une nuit dans un banneton alors que l’autre moitié n’a pas été façonnée avant le repos au frais d’une nuit et ne l’a été que le lendemain matin avant de fermenter de nouveau plusieurs heures avant cuisson…

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Reprenons donc la recette du pain Country qui servira de base…

Ces quantités vous permettront de réaliser deux gros pains. J’ai personnellement réalisé la moitié de ces quantités ce qui m’a permis de cuire deux petits pains.  De toute façon les quantités sont également exprimées en pourcentages, il est alors facile d’adapter les quantités par de simples calculs, en partant toujours du principe que toute la farine est considérée comme 100% et à partir de là, il est facile de calculer le reste des ingrédients et d’adapter selon ses besoins et ses envies 🙂

Ingrédients Quantité Pourcentage %
Eau 700 gr, plus 50 gr 75
Levain 200 gr 20
   Farines (total) 1000 gr  (1 kg) 100
Farine blanche 900 gr 90
Farine complète 100 gr 10
Sel 20 gr 2

Garniture: 120gr d’olives vertes (j’ai utilisé des Olives Tramier à l’ail et fines herbes) – Zestes d’un citron – 80gr de noix hachées – Fines herbes (je n’en ai pas mis étant donné que les olives en contenaient).

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Pour les étapes de réalisation, il suffit de suivre les mêmes étapes que celles précédemment décrites dans CET ARTICLE, la garniture est ajoutée au premier rabat réalisé pendant la fermentation en vrac, le reste de la recette ne change pas…
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Pour la fermentation, comme je le disais plus haut, j’ai tenté une miche cuite après 12h de levée au frais (façonnage directement après pousse en vrac) et voici un aperçu de la mie…

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Et puis voici la miche cuite après une levée une nuit sans façonnage au frais, puis façonnage, mise en banneton et levée de nouveau plusieurs heures au frais avant cuisson

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Vous voyez la légère différence de couleur de la mie alors que c’est exactement le même paton divisé en deux et ayant subit deux fermentations différentes? c’est fou! En tout cas, la deuxième miche avait une mie plus alvéolée et un peu plus élastique…Inutile de préciser que les deux nous ont régalé et question gout, pas vraiment de différence! Ce qui est pratique par contre c’est de pouvoir du coup retarder la fermentation au frais quand on travaille et qu’il est compliqué de cuire le pain dès le matin!